Le souk al-Birka.
Aujourd’hui, une page d’histoire.
Édifié par Yûssef Dey (1610-1635), situé entre la grande mosquée Ez-Zituna et la mosquée qui porte le nom de ce grand prince, le souk des orfèvres abrite également en son sein le souk al-Birka.
Ici se tenait le marché aux esclaves noirs.
Les noirs étaient considérés comme une denrée précieuse, ils étaient donc mis à la vente dans le même espace que les négoces traitants de l’or. Les esclaves blancs moins recherchés et surtout destinés à être rachetés pour devenir une source de profit, étaient quand à eux proposés à la vente dans le bas de la ville près de Bab el-Bahr.
Sur cette placette du souk al-Birka, une estrade était dressée sur laquelle les vendeurs exposaient les individus proposés à la vente. Voir également sur le Billet de Michel ceci: Link
Louis Frank dans son histoire de Tunis datant de 1850 nous en a laissé le témoignage suivant :
« … On fait marcher, courir, sauter, se courber, se plier, se tordre en divers sens l’esclave, mâle ou femelle, qu’on examine. On palpe ses chairs ; on fait jouer ses articulations, craquer ses jointures, on explore minutieusement les parties les plus secrètes de son corps ; enfin, ce qu’on aura peine à croire, on voit des dames, même de la plus haute classe, déguster sur leur langue la sueur de la jeune esclave qu’elles veulent acheter, persuadées qu’elles reconnaîtront dans l’appréciation de cette saveur les bonnes ou mauvaises qualité de leur acquisition future. … »
Peu ragoutant me direz-vous.
Et pourtant, ne faisons-nous pas avec plaisir du lèche vitrine ?
28 août 2012