Monumenta 2012

Publié le par La Vache de Vie... Rit

Artiste Invité : Daniel Buren.

 

17  juin  2012  © Loqman

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L’an dernier, Anish Kapoor avait remplit l’immense volume de la nef du Grand Palais par une peau enfermant un vide. Une sorte de baleine qui gentiment nous digérait. Un volume dans un volume.

Cette année, la démarche de Daniel Buren est radicalement opposée. Il  travaille seulement en deux dimensions, gardant intact le volume de la grande nef.
Son œuvre matérialise seulement un plan décollé du sol, une sorte de faux plafond, constitué de cercles métalliques de plusieurs diamètres supportés par une forêt de fins potelets. La surface de chaque cercle est tendue d’un film coloré transparent.
Et c’est la lumière, qui en se matérialisant a travers ces filtres colorés, nous fait prendre conscience du volume énorme enfermé sous la verrière.

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Le soleil quand il veut bien participer à cet événement, anime sur le sol un kaléidoscope géant. Il dessine des cercles de couleur cernés par les ombres ondulantes des périmètres tangents rayées par les traits rigides des potelets. La promenade dans cet univers immatériel est déroutante.

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Ipnotisé  par ce sol presque mouvant, on avance à travers des cylindres colorés matérialisés par les ondes lumineuses. La lumière devient presque « palpable » Rester concentré dans ce monde est impossible. Nos yeux cherchent instinctivement à vérifier que nous ne sommes pas en plein voyage psychédélique sous quelques drogues hallucinogènes. Le sol devenu trop immatériel n’est plus la surface de référence, c’est le plafond coloré qui prend pour nos sens la surface séparative du dessous et du dessus.  

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Au dessus, un autre voyage commence : la découverte de la magnifique structure du bâtiment à travers des touches bleues, jaunes, orangées, ou vertes. Comme à travers autant de  prismes géants.

A l’aplomb de la coupole qui a été habillée par un damier de filtres bleus, un vaste espace reste ouvert sans plafond coloré. Au sol des cercles de miroirs renvoient l’image de la coupole. Ces miroirs sont magiques. Y poser le pied, c’est l’assurance de rester de longues minutes envouté. Grands et petits succombent sous le charme.

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Mais c’est autour de la boutique constituée de cylindres  blancs  juxtaposés que je me suis le plus amusé. Rares sont les visiteurs qui s’attardent dans cette partie de l’installation qui marque aussi la sortie.
Ici les rayons lumineux de couleurs dessinent sur l’extérieur des parois courbes des cylindres conformant la boutique, des formes bien particulières. Les rayons de lumière colorée tombent en aplats rasants sur ces surfaces courbes verticales et leurs donnent un aspect velouté.

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C’est à mon sens l’espace le plus déroutant, le plus riche et le plus subtil  de toute l’installation.
Je me plait à penser que cette partie de l’œuvre a échappé à son créateur et qu’elle mène sa propre vie.

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Monumenta 2012 s’achève le 21 juin

Ne manquez pas de vous colorer les mirettes en passant dans l'album photo Daniel Buren 

 

Publié dans Retour d'expos

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Michel. (Le billet de Michel) 26/06/2012 09:30

SUPERBE !

La Vache de Vie... Rit 26/06/2012 18:35



Merci Michel.



Robert Marleau 21/06/2012 13:32

Merci pour le partage de cette exposition que je ne pourrai voir, il y a beaucoup de potentiel à photos comme tu nos le démontres si bien.

La Vache de Vie... Rit 22/06/2012 12:00



En générale, les manifestations artistiques au grand Palais offrent un terrain de jeux faboleux.



Nath 21/06/2012 12:11

Tu as eu plus de chance que moi... tu avais le soleil pour artiste, pour compléter cette magnifique oeuvre !!

La Vache de Vie... Rit 22/06/2012 11:57



Oui, et c'est ce rayon de soleil qui m'a décidé à y courrir dimanche dernier.
Sinon, il est bien possible que j'ai laissé passer l'occasion.



anne 20/06/2012 15:11

j'aime beaucoup ce côté très coloré.... ça donne envie !

La Vache de Vie... Rit 20/06/2012 16:51



A voir absolument par temps ensoleillé.
C'était féérique.



Ln 20/06/2012 07:51

Autant je n'ai pas apprécié (à sa juste valeur) l'expo Buren à Pompidou Metz en 2011, autant cette expo m'aurait enthousiasmé. Du coup j'ai ét voir l'album photo qui recelent de superbes photos (
le plaisir des yeux diraient nos amis de l'autre côté de la méditerranée) et j'ai pensé que Buren avait installé dans ce lieu une canopé. Interressant, non ?

La Vache de Vie... Rit 20/06/2012 16:50



Canopé. C'est cela.
Le mot évoque une délimitation plus poétique (car c'est bien de cela qu'il s'agit)
que faux plafond. beurkkk.
Merci pour ce beau mot.