La Vache de Vie…Rit. L’Aïd el-Kebir

Publié le par La Vache de Vie... Rit

    L’Aïd el-Kebir est une fête religieuse mobile du calendrier lunaire musulman.
Elle scelle la fin du pèlerinage à la Mecque. Sa date est fixée au dixième jour du dernier mois du calendrier en vigueur dans le monde musulman.  

 

Cette fête commémore le sacrifice d’Abraham sur le point d’immoler son fil Isaac à la demande de  Dieu qui souhaitait tester la foi de son serviteur. Au moment du geste suprême, fort de l’engagement d’Abraham, Dieu suspendit son bras et lui indiqua un bélier dont les cornes s’étaient prises dans les branches d’un buisson non loin de là. L’animal fût substitué à l’enfant et chacun y trouva son compte.

 

Quelques jours avant l’Aïd, des marchés aux moutons s’organisent dans la ville. Un retrait de trottoir un lit de paille au sol, quelques animaux et le tour est joué. Les voisins passent, jettent un œil, s’enquièrent du prix et s’offusquent du montant prohibitif demandé pour les bêtes. Plus la date du sacrifice se rapproche, plus les prix sont élevés, avec un pic au matin de la veille du grand jour.
(Cette année à Tunis une bête moyenne coutait autour de 150 à 200 €)
 

 

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06 novembre 2011 © Loqman

 

Dans les banlieues, sur des terrains vagues, de grands marchés naissent pour l’occasion. L’achat d’un mouton est une affaire d’homme. On se rend au marché accompagné d’un ami, d’un frère, de son fils… Des cercles d’acheteurs et de curieux se créent autour des vendeurs disséminés sur le terrain. Tous ont des mines de connaisseur à qui on ne la fait pas.
De grosses mains rugueuses plongent dans les toisons pour évaluer la robustesse des reins. Certains examinent la dentition de l’animal comme s’ils achetaient un cheval. Quelque uns prennent la bête à bras le corps et le soulève pour apprécier son poids. Des liasses de billets s’échangent et sont soigneusement comptées.
Les plus prévoyants ont apporté avec eux une corde pour guider leur achat sur le chemin de la maison, les autres se contentent d’un fragile bout de ficelle ou de raphia glané sur place ou offert par le vendeur. Il n’est pas rare que le lien se casse et que le nouveau propriétaire de la bête fasse un peu de course à pied ce jour là.

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06 novembre 2011 © Loqman

 

Heureux le bélier qui se retrouve dans un jardin ou dans un coin de patio, les moins chanceux doivent se contenter d’un bout de balcon, voire d’une arrière cuisine ou d’un séchoir. Pendant quelques jours, on entend dans toute la ville les bêlements des promis au sacrifice. Une brassée de paille pour litière, un peu de foin et les caresses des enfants de la maison adoucissent leurs dernières heures.

 Le sacrifice à lieu après la seconde prière du jour de la fête. Là encore, les hommes assurent. Beaucoup ne savent comment officier et font appel à des mains plus expertes. Ceux qui savent, font le tour des proches et des voisins et gagnent en quelques heures une poignée d’argent. Égorger et vider un mouton demande vraiment un savoir faire.

Les chats s’invitent à la fête.

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 06 novembre 2011 © Loqman

 

La gente masculine ayant brillamment (une fois encore) assuré ses devoirs se retire de la scène et laisse place aux femmes. A elles de laver l’animal, de nettoyer les abats, de préparer le kanoun (petit récipient en terre cuite garni de charbon de bois et qui sert à griller des aliments. Un barbecue quoi.) Une femme m’a avoué détester ce jour de fête pour le surcroit de travail qu’il occasionne. Elle ne doit pas être la seule !!!

 

Un petit métier apparait à tous les coins de rue : "Grilleur de tête de mouton" Sur des sommiers de lit métallique, moyennant quelques dinars on apporte sa tête de mouton qui sera grillée au feu de bois et que l’on viendra récupérer plus tard. (J’ai vu de ces grillades  réalisées au…chalumeau !)

A la mi-journée, les hommes vont saluer et souhaiter une bonne fête (Aïd mabrouk) à leurs amis et a leurs proches.
On découpe de petits morceaux de l’animal fraîchement abattu, le foie en particulier qui est un morceau de choix, que l’on fait griller sur le kanoun et que l’on déguste arrosé de jus de citron avec sa famille et ses visiteurs.

C’est un jour de partage, les plus pauvres qui ne peuvent s’offrir un mouton, reçoivent des plus aisés des morceaux de mouton. Le lendemain, c’est jour de couscous pour tous.

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telos 30/11/2011 07:43

un homme qui me regarde ainsi .. cela n'est pas forcément désagréable..là, je file..

La Vache de Vie... Rit 30/11/2011 08:08







Le Billet de Michel 30/11/2011 04:20

Bon... je viendrai le lendemain...pour le couscous !

La Vache de Vie... Rit 30/11/2011 08:01



Tu es en retard, je couscous est avalé et on fait la sieste...



LN 29/11/2011 22:22

la photo du jeune chat est extra et ton récit très instructif.

La Vache de Vie... Rit 30/11/2011 07:54



Merci. Dans toutes les maisons que j'ai visité ce jour là, les chats étaient ivre de bonheur.



les cafards 29/11/2011 22:11

ahhh le regard du matou !!!

La Vache de Vie... Rit 30/11/2011 07:49



... Celui d'un financier à la corbeille de la bourse...



anne 29/11/2011 12:19

humm j'adore le méchoui !!
Par contre préparer la bestiole, je pense que ce serait assez difficile pour moi, déjà un poulet je demande qu'on m'enlève la tête car je ne supporte pas son regard...

La Vache de Vie... Rit 30/11/2011 07:43



Ben moi je suis une bête curieuse en Tunisie... Je ne mange pas de mouton